Biodiversité en danger

La biodiversité n’est pas un luxe. Elle représente les conditions de notre survie sur terre. Nous le savions (voir Le grand saut de David Quammen). Antoine de Ravignan nous le rappelle dans Alternatives Économiques.

Dans Le grand saut, l’infectiologue David Quammen démontre les liens de cause à effet entre l’activité humaine (déforestation, agriculture industrielle basée sur la monoculture intensive et l’usage d’intrants chimiques, chasse à la viande sauvage, urbanisation, développement des infrastructures, extraction minière) et l’apparition de zoonoses. Antoine de Ravignan confirme tout cela dans son article tout en faisant remarquer que notre agriculture dépend à plus de 75 % d’insectes pollinisateurs dont la disparition met en danger la pollinisation. La biodiversité génétique et la diversité paysagère sont aussi de bons moyens de se protéger des aléas climatiques. Le respect de la nature nous garantit également la présence d’une eau de qualité sans laquelle nous ne pouvons vivre.

Or, cette biodiversité est en danger. En juin 2019, un rapport des Nations Unies tirait la sonnette d’alarme : un quart des espèces animales et végétales est en voie de disparition et le rythme des disparitions s’accélère. Par exemple, en Europe, la population des oiseaux des champs a diminué de 34 % en 30 ans. On constate également une érosion de la diversité génétique, élément fondamental de notre sécurité alimentaire : 559 races de mammifères sur les 6.190 domestiqués par l’homme au cours de l’histoire se sont éteintes.

La principale cause de perte de biodiversité terrestre est l’extension des surfaces agricoles et l’intensification de la production. En deuxième position vient la déforestation : de 1980 à 2000, une superficie de quasi deux fois de la France de forêts a disparu pour faire place à l’élevage ou à la culture de soja (pour l’alimentation du bétail) et d’huile de palme (biocarburant et industrie alimentaire). A cela, il faut encore ajouter la pollution et les changements climatiques.

Selon une étude de la Commission européenne (1) , les consommateurs européens sont responsables de 10 % de la déforestation mondiale. Et dans déforestation due aux échanges internationaux, ils prennent 39 % à leur compte par l’importation de, principalement, soja, huile de palme et cacao. A cet égard, le WWF recommande d’arrêter de consommer des produits industriels contenant du chocolat transformé. Mais il y a aussi le soja (la moitié de la déforestation « importée » en France) utilisé pour l’alimentation animale ou l’huile de palme incorporé aux biocarburants.

En attendant des politiques adaptées aux défis, le consommateur peut toujours faire à attention à l’étiquette et donner la préférence aux produits munis du label FSC pour le bois, RSPO pour l’huile de palme et Rainforest Allianz-UTZ ou Fairtrade pour le cacao.

(1) The impact of EU consumption on deforestation: Comprehensive analysis of the impact of EU consumption on deforestation – Technical Report – 2013 – 063

Source : Alternatives économiques n°412 : Alerte, effondrement ! (p.24) de A. de Ravignan et Déforestation importée : agir de la voiture à votre assiette (p.30) de Matthieu Jublin

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